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15 février 2026

Les droits des expatriés français en Thaïlande : guide complet

Chaque année, des milliers de Français font le choix de s’installer en Thaïlande. Retraite au soleil, opportunité professionnelle ou projet entrepreneurial : les raisons ne manquent pas. Pourtant, méconnaître les droits des expatriés français en Thaïlande peut transformer ce rêve en cauchemar administratif et juridique.

Entre un système de visa en constante évolution, des restrictions strictes sur la propriété immobilière, une réforme fiscale majeure entrée en vigueur récemment et des règles de succession qui diffèrent radicalement du droit français, les pièges sont nombreux.

Ce guide fait le point sur l’ensemble de vos droits et obligations en tant qu’expatrié français en Thaïlande en 2026. Vous y trouverez des informations concrètes sur les visas, l’immobilier, la fiscalité, la famille et les successions.

[image: Carte de la Thaïlande avec les villes principales pour les expatriés français (Bangkok, Chiang Mai, Phuket, Pattaya)]

Quel visa pour s’expatrier en Thaïlande en tant que Français ?

Le choix du bon visa Thaïlande pour un Français conditionne tout le reste : droit au travail, durée de séjour, accès aux services bancaires et possibilité de louer ou acheter un bien.

Le système migratoire thaïlandais propose plusieurs catégories adaptées aux différents profils d’expatriés.

Visa Non-Immigrant B : travailler en Thaïlande

Le visa Non-Immigrant B est le sésame pour exercer une activité salariée ou créer une entreprise. Il nécessite :

  • Un work permit (permis de travail) délivré par le Ministry of Labour
  • Un contrat de travail avec une entreprise enregistrée en Thaïlande
  • Un capital minimum de 2 millions de bahts pour les entrepreneurs

Ce visa est valable un an et renouvelable. L’employeur doit respecter le ratio de 4 employés thaïlandais pour 1 étranger.

Visa Non-Immigrant O : retraités et familles

Destiné aux retraités de 50 ans et plus, ce visa exige de justifier :

  • Un revenu mensuel minimum de 65 000 bahts (environ 1 700 €), ou
  • Un dépôt bancaire de 800 000 bahts (environ 21 000 €) dans une banque thaïlandaise
  • Une assurance santé couvrant au minimum 400 000 bahts en hospitalisation

Le visa O est également accessible aux conjoints de ressortissants thaïlandais, avec des conditions financières réduites (400 000 bahts de dépôt).

Thailand Elite Visa : l’option premium

Le programme Thailand Elite offre un séjour longue durée moyennant un investissement :

  • 5 ans : à partir de 600 000 bahts (environ 15 600 €)
  • 10 ans : à partir de 1 000 000 bahts (environ 26 000 €)
  • 20 ans : à partir de 2 000 000 bahts (environ 52 000 €)

Ce visa inclut des services VIP (fast-track à l’aéroport, conciergerie) et ne nécessite aucune justification de revenus. Il ne donne toutefois pas le droit de travailler.

Visa LTR : le nouveau visa 10 ans

Lancé en 2022, le Long-Term Resident Visa cible quatre profils :

  • Les retraités fortunés (revenus annuels supérieurs à 80 000 USD)
  • Les professionnels qualifiés travaillant pour des entreprises établies en Thaïlande
  • Les « digital nomads » avec revenus élevés
  • Les investisseurs

Le LTR offre un avantage fiscal considérable : un taux d’imposition réduit à 17 % sur les revenus de source thaïlandaise et une exemption de déclaration des revenus étrangers dans certains cas.

[internal link: visa expatriation → Guide complet des visas thaïlandais pour les Français]

Propriété immobilière en Thaïlande : ce qu’un étranger peut (et ne peut pas) acheter

La question de la propriété immobilière en Thaïlande pour un étranger est sans doute celle qui génère le plus de confusion. La loi est claire : un étranger ne peut pas posséder de terrain en Thaïlande. Mais plusieurs structures juridiques permettent de contourner cette interdiction de manière légale.

L’achat en copropriété (condominium)

C’est la voie la plus simple et la plus sûre. Un étranger peut acquérir un appartement en pleine propriété (freehold) dans un condominium, sous deux conditions :

  • Le quota de propriété étrangère dans l’immeuble ne dépasse pas 49 %
  • Les fonds proviennent de l’étranger (transfert bancaire international avec certificat de change)

L’acte de propriété (chanote) est alors établi directement au nom de l’acheteur étranger. C’est un droit réel, transmissible et cessible.

Le bail emphytéotique (leasehold)

Pour les maisons individuelles et terrains, le leasehold reste la solution la plus courante. Le bail est conclu pour une durée maximale de 30 ans, enregistré au Land Department.

Points de vigilance :

  • Le renouvellement n’est jamais garanti par la loi, même s’il est inscrit dans le contrat
  • Seul le premier bail de 30 ans bénéficie d’une protection légale
  • Négociez des clauses de sortie et d’indemnisation en cas de non-renouvellement

La société thaïlandaise (Thai company)

Créer une société de droit thaïlandais pour détenir un terrain est une pratique répandue mais de plus en plus risquée. Le Land Department et le Department of Business Development scrutinent les structures dont l’unique actif est un bien immobilier.

Les risques :

  • Dissolution forcée si la société est jugée fictive (pas d’activité réelle)
  • Responsabilité pénale potentielle pour les actionnaires thaïlandais prête-noms
  • Coûts de maintenance annuels (comptabilité, audit, assemblée générale)

Notre conseil : ne recourez à cette structure que dans le cadre d’une activité commerciale réelle, avec des actionnaires thaïlandais véritablement impliqués.

[image: Comparatif des modes d’acquisition immobilière en Thaïlande pour les étrangers — tableau récapitulatif freehold, leasehold, société]

Fiscalité de l’expatrié français en Thaïlande : la réforme de 2024

La fiscalité de l’expatrié en Thaïlande a connu un bouleversement majeur. Depuis le 1er janvier 2024, les règles ont radicalement changé — et beaucoup de Français installés dans le royaume ne le savent pas encore.

L’ancien régime (avant 2024)

Avant 2024, seuls les revenus étrangers transférés en Thaïlande l’année même de leur perception étaient imposables. Il suffisait donc d’attendre le 1er janvier de l’année suivante pour transférer ses fonds en franchise d’impôt.

Le nouveau régime (depuis 2024)

Le Revenue Department thaïlandais a supprimé cette faille. Désormais :

  • Tous les revenus étrangers transférés en Thaïlande sont imposables, quelle que soit l’année de leur génération
  • Les résidents fiscaux thaïlandais (180 jours ou plus de présence par an) sont concernés
  • Les taux d’imposition progressifs vont de 0 % à 35 %

La convention fiscale franco-thaïlandaise

La convention bilatérale de 1974 reste votre meilleur allié pour éviter la double imposition. Elle prévoit :

  • Les pensions de retraite privées sont imposables dans le pays de résidence (la Thaïlande)
  • Les pensions de la fonction publique restent imposables en France
  • Les revenus immobiliers sont imposables dans le pays où se situe le bien
  • Les plus-values suivent des règles spécifiques selon leur nature

Attention : la convention ne couvre pas tous les types de revenus. Les dividendes, intérêts et redevances font l’objet de règles de partage d’imposition entre les deux pays.

Actions concrètes pour les expatriés

  1. Faites un audit fiscal de votre situation avant tout transfert de fonds
  2. Conservez les justificatifs de l’origine de vos fonds (relevés, avis d’imposition français)
  3. Déclarez vos comptes étrangers au Revenue Department si vous êtes résident fiscal
  4. Consultez un avocat fiscaliste maîtrisant les deux systèmes — une erreur peut coûter très cher

[internal link: fiscalité internationale → Comment optimiser sa fiscalité en tant qu’expatrié]

Succession et droit de la famille : protéger ses proches en Thaïlande

La succession d’un expatrié en Thaïlande est un sujet complexe que beaucoup de Français négligent. Or, sans préparation, les conséquences peuvent être désastreuses pour le conjoint survivant et les héritiers.

Le mariage en Thaïlande

Un mariage célébré en Thaïlande entre un Français et un ressortissant thaïlandais est régi par le droit thaïlandais. Le régime matrimonial par défaut est la communauté de biens (sin somros), similaire au régime français.

Points importants :

  • Le mariage doit être enregistré au district office (amphoe) pour être valide
  • Il doit ensuite être transcrit auprès de l’ambassade de France à Bangkok pour être reconnu en France
  • Un contrat de mariage (prenuptial agreement) peut modifier le régime par défaut, à condition d’être enregistré avant le mariage

Les successions : deux systèmes juridiques en conflit

Au décès d’un expatrié français en Thaïlande, la situation se complique car deux droits s’appliquent simultanément :

  • Le droit thaïlandais régit les biens situés en Thaïlande (immobilier, comptes bancaires locaux)
  • Le droit français peut s’appliquer aux biens situés en France et à la réserve héréditaire

Le droit thaïlandais des successions diffère considérablement du droit français :

  • Pas de réserve héréditaire : le testateur peut déshériter ses enfants
  • Six catégories d’héritiers légaux classés par ordre de priorité
  • Le conjoint survivant hérite en concurrence avec les descendants

La solution : rédiger un testament dans chaque pays

C’est la recommandation la plus importante de ce guide. Un expatrié français en Thaïlande devrait détenir :

  • Un testament français pour les actifs situés en France (rédigé devant notaire)
  • Un testament thaïlandais pour les actifs situés en Thaïlande (rédigé en thaï et en anglais, avec deux témoins)

Chaque testament doit expressément exclure les biens couverts par l’autre pour éviter toute contradiction.

[internal link: testament international → Comment rédiger un testament valable dans plusieurs pays]

Protection juridique au quotidien : vos droits en tant que résident étranger

Au-delà des grandes questions patrimoniales, la vie quotidienne d’un expatrié en Thaïlande soulève des enjeux juridiques concrets.

Le droit du travail

Un étranger titulaire d’un work permit bénéficie des mêmes protections que les travailleurs thaïlandais :

  • Droit au salaire minimum (mais un seuil spécifique plus élevé s’applique aux étrangers)
  • Protection contre le licenciement abusif
  • Droit aux congés (6 jours minimum après un an)
  • Cotisations à la sécurité sociale thaïlandaise

L’accès à la justice

Un étranger peut saisir les tribunaux thaïlandais au même titre qu’un national. Toutefois, la procédure est en langue thaïe et nécessite un interprète assermenté. Les délais de justice sont généralement plus courts qu’en France (6 à 18 mois en première instance).

L’assurance santé

La Thaïlande n’a pas d’accord de sécurité sociale avec la France. Un expatrié doit donc souscrire :

  • Une assurance santé privée locale ou internationale
  • Ou adhérer à la CFE (Caisse des Français de l’Étranger) pour conserver une couverture française

[image: Infographie récapitulative des droits et obligations des expatriés français en Thaïlande]

Les erreurs à éviter absolument

En plus de vingt ans de pratique du droit international entre la France et la Thaïlande, voici les erreurs que nous constatons le plus fréquemment :

  1. Acheter un bien immobilier via un prête-nom — risque de tout perdre en cas de litige
  2. Ignorer la réforme fiscale de 2024 — les redressements sont de plus en plus fréquents
  3. Ne pas rédiger de testament thaïlandais — les procédures successorales sans testament prennent des années
  4. Travailler sans work permit — infraction pénale passible d’amende et d’expulsion
  5. Ne pas transcrire son mariage — un mariage non transcrit n’a aucun effet en droit français

Conclusion : anticiper pour protéger ses droits

Les droits des expatriés français en Thaïlande sont réels mais encadrés par un système juridique très différent du nôtre. Qu’il s’agisse du visa, de l’immobilier, de la fiscalité ou de la succession, chaque décision a des implications dans les deux pays.

La clé, c’est l’anticipation. Un accompagnement juridique adapté, par un cabinet maîtrisant à la fois le droit français et le droit thaïlandais, vous évitera des erreurs coûteuses et protégera votre patrimoine et vos proches.

Le cabinet Ad Litem, présent à Paris et Bangkok, accompagne les expatriés français en Thaïlande depuis plus de vingt ans. Nos avocats bilingues connaissent les deux systèmes juridiques et vous guident à chaque étape.

Vous préparez votre expatriation ou vous êtes déjà installé en Thaïlande ? Prenez rendez-vous pour une consultation gratuite et faites le point sur votre situation juridique.

Christophe Larrouilh

Christophe Larrouilh

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